Dispositions parasismiques

Rappel des principales dispositions :

Les règles de conception et de dimensionnement sont établies selon la catégorie d’importance de l’ouvrage (cat. I à IV) et la zone de sismicité concernée (zones 1 à 5), comme indiquées ci-dessous (extrait du guide MEDDTL relatif à la nouvelle réglementation parasismique).

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Textes réglementaires applicables :

  • Arrêté du 22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de construction parasismique applicables aux bâtiments de la catégorie dite « à risque normal » ;
  • Eurocode 8 – calcul des structures pour leur résistance aux séismes ;
  • Règles PS-MI 89 révisées 92 (NF P 06-014) ;
  • Règles CP-MI (en cours de rédaction).

Murs :

Excepté dans les zones de faible sismicité (1 et 2), la résistance normalisée à la compression des éléments de maçonnerie (mesurée sur la base de la norme NF EN 772-1), ne doit pas être inférieure aux valeurs minimales suivantes :

  • perpendiculairement à la face de pose ƒb,min = 4 N/mm2
  • parallèlement à la face de pose dans le plan du mur ƒbh,min = 1.5 N/mm2.
Les Eurocodes définissent 3 types de construction en maçonnerie :

1.

constructions en maçonnerie non armée ; attention, c’est le cas des maçonneries chaînées dites à la française (sections des aciers de renfort, dimensions et localisation des chaînages non conformes aux Eurocodes) ;

2.

constructions en maçonnerie chaînée ; attention, une maçonnerie chaînée peut être réalisée avec  des briques sous réserve du respect d’un certain de nombre de dispositions : section des armatures, dimensions du chaînage, distance entre éléments verticaux, dispositions des aciers transversaux ;

3.

constructions en maçonnerie armée.

Les maçonneries non armées conformes aux dispositions de l’EC8 ne peuvent pas être utilisées si le mouvement du sol au droit du site dépasse la limite d’accélération de 2 m/s² (zone 5 – Outre-mer).

 

Les bâtiments en maçonnerie doivent être constitués de planchers et de murs liaisonnés dans les deux directions horizontales orthogonales, et dans la direction verticale.

Des murs de contreventement doivent être prévus dans au moins deux directions orthogonales. Les murs de contreventement doivent respecter certaines exigences géométriques (épaisseur, hauteur, longueur).

Exigences complémentaires pour les maçonneries non-armées conformes à l’EC 8 :

Il est nécessaire de disposer des chaînages en béton armé dans le plan du mur au niveau de chaque plancher et dans tous les cas avec un espacement qui ne dépasse pas 4 m. Ces poutres ou chaînages forment des éléments de liaison continus, physiquement reliés les uns aux autres. Les armatures longitudinales des poutres horizontales en béton doivent avoir une section totale minimale de 200 mm2.

Exigences complémentaires pour la maçonnerie chaînée :

Les chaînages horizontaux et verticaux doivent être liés entre eux et ancrés aux éléments du système structural principal. Le béton des chaînages doit être coulé après exécution de la maçonnerie pour parvenir à une adhérence effective entre les chaînages et la maçonnerie.

Les dimensions de la section transversale des chaînages horizontaux et verticaux ne doivent pas être inférieures à 150 mm. Dans les murs à double paroi, il convient que l’épaisseur des chaînages assure la liaison des deux parois et leur confinement effectif.

Des chaînages verticaux doivent être prévus :

  • aux bords libres de chaque élément de mur de la structure ;
  • de chaque côté des ouvertures pratiquées dans les murs, dont la surface est supérieure à 1,5 m2 ;
  • si nécessaire à l’intérieur du mur pour que l’espacement entre les chaînages verticaux ne dépasse pas 5 m ;
  • à chaque intersection entre les murs de structure, lorsque les chaînages imposés par les règles ci-dessus sont distants de plus de 1,5 m.

Les chaînages horizontaux doivent être placés dans le plan du mur, au niveau de chaque plancher, et en aucun cas avec un espacement vertical supérieur à 4 m.

La section transversale des armatures longitudinales des chaînages ne doit pas être inférieure à 300 mm2 ni représenter moins de 1 % de la section transversale du chaînage.

Il convient de prévoir des étriers de 5 mm de diamètre au minimum, espacés de 150 mm au maximum, autour des armatures longitudinales.

Cloisons :

Les cloisons de doublage et de distribution relèvent des divers documents qui les concernent (DTU) et qui précisent les conditions d’utilisation en zone sismique. A défaut, les cloisons doivent satisfaire aux règles ci-après :

– elles ne doivent pas présenter de bord libre ;

– elles doivent toujours se joindre soit avec une cloison ou un mur perpendiculaire, soit avec des éléments d’ossature, soit avec des potelets de béton armé, métal ou bois, spécialement disposés à cet effet et fixés à leurs deux extrémités ;

– les cloisons régnant sur toute une hauteur d’étage doivent être rendues suffisamment solidaires de la sous-face du plancher supérieur ou d’élément de plafond suspendu rigide, pour éviter leur renversement. A défaut d’une telle liaison, un système anti- renversement latéral peut être prévu (cornières, par exemple). Des dispositions de maintien latéral des cloisons, capables d’équilibrer les forces horizontales sismiques, doivent être prévues. La tenue au renversement des cloisons doit être assurée. Dans le cas des cloisons traditionnelles en maçonnerie jointoyées sur les quatre bords, aucun justificatif au renversement n’est à produire à condition qu’un soin particulier soit apporté lors de la réalisation des joints ;

– les cloisons ne régnant pas sur toute la hauteur de l’étage doivent être encadrées par des éléments de béton armé, métal ou bois, solidarisés entre eux et liés au gros-œuvre.

–  les dimensions des panneaux délimités par les éléments verticaux d’appui (cloisons ou murs perpendiculaires à la cloison considérée, éléments d’ossature, ou potelets) doivent vérifier :

  •  plus grande dimension £ 5 mètres ;
  •  rapport hauteur / épaisseur £ 65, la hauteur ne pouvant dépasser 3 mètres et l’épaisseur comptée sans enduit ;
  •  La surface maximale de la cloison est de 14 m².

Des dispositions dérogatoires aux Eurocodes peuvent être prévues pour certains types de briques, les fabricants tiennent leurs DTA à la disposition des acteurs de la construction.