Préserver les ressources, c’est aussi protéger la biodiversité, le tissu vivant de notre planète

Les sols argileux humides accueillent une flore et une faune incroyablement riches. C’est pourquoi nous nous mobilisons dans nos carrières autour des sites de fabrication pour préserver cette biodiversité à travers la création de mares, la mise à l’abris d’espèces, ou encore des inventaires de biodiversité et en fin de cycle la restitution des gisements dont la programmation est prédéfinie et réalisée au fur et à mesure de l’extraction. Cette démarche s’inscrit dans une politique de réaménagement encadrée par les services de l’Etat dont le but est de valoriser le site sur les plans paysager, environnemental et/ou pédagogique.

Ces actions reflètent l’engagement concret et à l’échelle de leur territoire des membres de la FFTB dans la lutte contre les changements climatiques.

 

Une gestion responsable de nos ressources sur l’ensemble du cycle de vie

Le dispositif réglementaire actuel encadrant les carrières est conçu de façon à ce que l’activité d’exploitation soit menée dans le plus grand respect de l’environnement. C’est le Code de l’Environnement qui définit depuis 1993 l’ensemble des obligations qui s’imposent à ces installations. Leur activité s’exerce sous la tutelle du ministère de l’Écologie.

Toute ouverture ou extension de carrière suppose une autorisation du Préfet.

L’arrêté préfectoral d’autorisation précise :

  • les modalités techniques d’exploitation sur le site concerné,
  • les obligations à respecter en matière de protection de l’environnement,
  • les mesures à prendre pour assurer la santé et la sécurité du personnel,
  • les dispositions relatives au réaménagement des terrains après exploitation.

L’autorisation d’exploiter est accordée pour une durée maximale de 30 ans, renouvelable éventuellement (de fait, pour une durée bien souvent inférieure).

Le respect de l’application de l’arrêté préfectoral est contrôlé régulièrement par l’inspecteur des installations classées qui relève de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL).

  

Les gisements d’argile : des zones humides très riches

Opération sauvetage à Achenheim

Fin 2017, la construction d’un lotissement proche de la briqueterie d’Achenheim menaçait deux espèces protégées, le Crapaud vert (« Bufotes Viridis ») et le lézard des murailles, présentes sur le chantier (« Podarcis muralis »).

La collaboration avec l’Association Bufo a permis de les protéger en les déplaçant près de la lagune proche de l’Usine. Les amphibiens y ont trouvé un lieu idéal pour se développer.

Les carrières abritent une biodiversité rare et spécifique. En effet, ces milieux présentent des caractéristiques favorables aux espèces des milieux pionniers, peu végétalisés et temporaires. C’est le cas notamment pour des espèces à enjeux comme le Crapaud vert, le Crapaud calamite ou encore le Sonneur à ventre jaune.

En Alsace, Bufo travaille en partenariat avec les exploitants de carrière sur une quinzaine de sites afin de favoriser la prise en compte de l’herpétofaune et plus globalement de la biodiversité.

Les exploitants s’engagent à réaliser des aménagements (mares, mise en défend de zones de reproduction, hibernaculum…) en faveur de la faune. Le suivi réalisé par Bufo permet d’évaluer l’efficacité des aménagements réalisés et de proposer des ajustements. Un dialogue régulier entre l’exploitant et les chargés d’études de l’association permet de concilier la préservation de ces espèces et l’exploitation des ressources.

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Le crapaud vert (« Bufotes Viridis ») Source : rapport Développement durable Fédération Française des Tuiles et Briques 2017

Les hirondelles font le printemps…

Constatant au début de l’été 2017 l’installation d’hirondelles de rivage le long du bassin situé sur le chemin menant à la Carrière d’Angervilliers, une prise de contact est faite avec le Centre Ornithologique Île-de-France (CORIF) pour préserver les cavités de nidification pendant la période de reproduction. Treize couples se sont ainsi reproduits en 2017 sur la carrière.

De nombreuses espèces d’odonates (libellules, demoiselles) ont aussi été observées sur le bassin. Les zones herbeuses qui l’entourent présentent un intérêt fort pour la protection de la biodiversité.

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Source : rapport Développement durable Fédération Française des Tuiles et Briques 2017

Installations de ruches d’abeilles

Les abeilles sont des insectes pollinisateurs de premiers choix et sont donc indispensables à la reproduction des plantes. Elles assurent donc le renouvellement perpétuel des écosystèmes et participent activement à l’expansion géographique des plantes. Mais l’utilisation croissante des insecticides provoque la disparition de ces abeilles qui sont maintenant menacées d’extinction. On estime à 13 millions le nombre de ruches manquantes en Europe.

 L’idée est venue, il y a un an, d’un salarié de la carrière. Elle a fait son chemin chez les cadres et responsables et voici que, désormais, la carrière de Saint-Papoul héberge vingt-cinq ruchers. Parce que l’idée a séduit également Jean-Louis Serres, apiculteur local passionné d’abeilles.

Sur les 25 ruches, 23 sont colonisées. Exposées plein sud, ce qu’il faut afin de ne pas être trop à l’humidité, l’hiver, et près d’un point d’eau pour se désaltérer… « Je n’y ai mis qu’une seule colonie de l’an dernier. Les autres sont des essaims nouveaux. J’élève mes propres reines » explique le spécialiste. Sur des terrains du site de Saint-Papoul, carrières du groupe, sachant que l’on trouve en moyenne 30 000 individus par ruches, cette installation peut espérer recevoir plus de 900 000 abeilles ! Outre les bénéfices écologiques (lutte contre les pesticides, préservation des abeilles, biodiversité des abords de la carrière…), ces ruches permettront la production moyenne de près de 500 kg de miel !

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Source : rapport Développement durable Fédération Française des Tuiles et Briques 2018

Préservation de la biodiversité à Chagny

En 2018, un plan de compensation en faveur de la faune forestière a été lancé sur le site de Chagny 2 (Bourgogne). Les chauves- souris faisant partie des espèces concernées, la Société d’histoire naturelle

d’Autun a été sollicitée pour accompagner le déboisement d’une future zone d’exploitation de 8 hectares. En vue d’éviter d’impacter les populations de chiroptères, tous les abris éventuels ont été recensés et les cavités inoccupées ont été rebouchées avant la période d’hivernage.

En 2019, divers partenariats permettront une amélioration de la gestion forestière de 80 ha.

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Source : rapport Développement durable Fédération Française des Tuiles et Briques 2018

Des briques au secours des écrevisses

Jusqu’au XIXème siècle les écrevisses indigènes étaient une ressource particulièrement abondante en Alsace centrale. Nichées dans des cours d’eau en altitude ou dans de petits ruisseaux protégés, elles ont quasiment disparu au XXIème siècle, menacées par d’autres espèces invasives, les maladies et l’activité des hommes. En partenariat avec l’Agence Française pour la Biodiversité, l’idée a ét de détourner la fonction des briques perforées qu’elle fabrique pour offrir aux crustacés un abri idéal pour la reproduction.

Des gravures attestent la présence d’écrevisses en Alsace depuis le Moyen-Âge. On les pêchait dans l’île aux fagots, dans des nasses. L’écrevisse entrait autrefois dans la composition de la matelote alsacienne.

Les espèces indigènes sont aujourd’hui menacées en raison de la présence d’espèces invasives, mais aussi à cause de l’activité humaine qui a dégradé leurs conditions de vie (altération de la qualité de l’eau, réaménagement de certains cours d’eau), malgré l’amélioration récente de la qualité de l’eau.

Présente sur de nombreux sites alsaciens, l’écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) est une sorte de petit homard dépassant rarement les 120 mm de long qui arpente le fond des cours d’eau à la recherche de détritus et d’invertébrés qui constituent sa nourriture.

L’écrevisse à pattes blanches est lucifuge : elle craint la lumière directe du soleil. Son activité est donc essentiellement nocturne et crépusculaire ; le pic d’activité ayant lieu généralement en début de nuit.

En dehors de cette période d’activité, l’écrevisse reste dans sa cache qui est généralement aménagée sous une pierre, dans les racines immergées ou les litières.

Partant de ces observations, l’idée est venue en partenariat avec l’Agence Française de la Biodiversité de détourner l’utilisation des briques perforées qu’elle produit en les plaçant dans les cours d’eau du Bas- Rhin. Nichés dans les alvéoles, les petits crustacés trouvent ainsi un habitat idéal et peuvent se reproduire en toute tranquillité.

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Source : rapport Développement durable Fédération Française des Tuiles et Briques 2019